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Tome premier (1780)
Entstehung
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56
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5 6 Régime

6 en tout temps, la nourriture fuivante,qui eft une des plus faines, & fans con-tredit la plus fimple. Prenez une demi-livrede pain, la groffeur dune noifette de beurre,ou même point, & un pot deau ; faitescuire le tout jufquà ce que le pain foit pref-que entièrement défait; on le pafle, & lonen donne une demi-quartette au malade detrois en trois, ou de quatre en quatre heures,& même plus rarement fi la fievre étoitextrêmement forte. Ceux qui ont des grus,de lorge, des pois, de labermel, du ris,peuvent en prendre, cuits de la même fa-çon , avec quelques grains de fel.

38. Lon peut auffi leur permettre, au-lieu de ces efpeces de foupes, des fruits détécruds, & en hiver , des pommes cuites,ou des prunes & des cerifes feches & cuites.Les gens inftruits ne feront pas furpris devoir ordonner les fruits dans les maladiesaiguës, ils en voient les fuccès tous lesjours; ce confeil ne révoltera que ceux quifont encore trop imbus des anciens préju-gés ; mais , en réfléchiffant, ils fentirontque ces fruits qui défalterent, rafraîchifîent,abattent la fievre, corrigent la bile corrom-pue & échauffée, entretiennent la liberté duventre & font couler les urines , font la-liment le plus convenable pour les fiévreux.Aufli ils les défirent ardemment ; & jen aivu plufieurs qui ne sétoient guéris quenmangeant en cachette une grande quantitéde ces fruits quils defiroient avec paffion ,& quon leur rcfufoit. Ceux qui ne fenti-