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6 en tout temps, la nourriture fuivante,qui eft une des plus faines, & fans con-tredit la plus fimple. Prenez une demi-livrede pain, la groffeur d’une noifette de beurre,ou même point, & un pot d’eau ; faitescuire le tout jufqu’à ce que le pain foit pref-que entièrement défait; on le pafle, & l’onen donne une demi-quartette au malade detrois en trois, ou de quatre en quatre heures,& même plus rarement fi la fievre étoitextrêmement forte. Ceux qui ont des grus,de l’orge, des pois, de l’abermel, du ris,peuvent en prendre, cuits de la même fa-çon , avec quelques grains de fel.
38. L’on peut auffi leur permettre, au-lieu de ces efpeces de foupes, des fruits d’étécruds, & en hiver , des pommes cuites,ou des prunes & des cerifes feches & cuites.Les gens inftruits ne feront pas furpris devoir ordonner les fruits dans les maladiesaiguës, ils en voient les fuccès tous lesjours; ce confeil ne révoltera que ceux quifont encore trop imbus des anciens préju-gés ; mais , en réfléchiffant, ils fentirontque ces fruits qui défalterent, rafraîchifîent,abattent la fievre, corrigent la bile corrom-pue & échauffée, entretiennent la liberté duventre & font couler les urines , font l’a-liment le plus convenable pour les fiévreux.Aufli ils les défirent ardemment ; & j’en aivu plufieurs qui ne s’étoient guéris qu’enmangeant en cachette une grande quantitéde ces fruits qu’ils defiroient avec paffion ,& qu’on leur rcfufoit. Ceux qui ne fenti-