GÉNÉRALES. 4^
que les feules chofes qui puiflent fortifierun malade font celles qui peuvent aft'oiblirla maladie. Mais l’opiniâtreté eft inconce-vable à cet égard : elle eft un fécond fléauattaché a la maladie, & plus fâcheux qu’elle.De vingt malades qui périflent dans les cam-pagnes , il y en a fouvent plus des deux tiersqui auroient guéri, fi, misfimplernent dansun endroit où ils fufTent à l’abri des inju-res de l’air, ils euflent eu de l’eau fraîcheen abondance ; mais les foins mal entendusdont je viens de parler n’en laiflènt réchap-per aucun.
§. 2.3. Ce qu’il y a de plus horrible danscet acharnement à échauffer, deflécher, &nourrir les malades, c’efl qu’il eft totale-ment oppofé à ce que la nature indique. Lefeu & l’ardeur dont ils fe plaignent, la fé-cherefie de la peau, des levres, de la lan-
E ie, de la gorge, la rougeur des urines ,irdeur qu’ils ont pour les chofes rafraî-chiflantes T le plaifir , le bien que leur faitl’air frais, font des lignes qui nous crienth haute voix, que nous devons les rafraî-chir par toutes fortes de moyens. Leur lan-gue fale, qui prouve que l’eftomac eft dansle même état, leur dégoût, leurs envies devomir, leur horreur pour les aliments, &fur-tout pour la viande, la puanteur de leurhaleine, celle des vents qu’ils rendent par-defîùs & par-deflbus, fouvent celle de leursfelles, prouvent que tout leur intérieur eftplein de matières corrompues, qui corrom-pront tous les aliments qu’on y mettra, &