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Tome premier (1780)
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44
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44 Attentionsfont déjà dans fon eftomac, les ont bien-tôt pourris, & au bout de quelques heu-res , ils produifent tous les effets dont jeviens de parler, Quon juge sils peuventconvenir.

ai. Ceft une vérité établie par le plusgrand Médecin, il y a plus de deux milleans, & conftatée par fes fuccelîeurs, quetant quun malade a de mauvais levains dansleftomac , plus on lui donne daliments,plus on Paffoiblit. Ces aliments, gâtés parles matières infeéles quils trouvent, fontincapables de nourrir, & deviennent un nou-veau germe de maladie. Ceux qui favent ob-ferver, remarquent conftamment que quandun fiévreux a pris ce quon appelle un bonbouillon, il a plus de fievre, & il eft par-la même plus foible. Donner un bouillonà la viande bien frais à un homme qui abeaucoup de fievre ou de matières corrom-pues dans leftomac , ceft précifément luirendre le même fervice, que fi on lui don-noit deux ou trois heures plus tard un bouil-lon gâté.

§. zi. Je dois le dire, ce préjugé mor-tel , quil faut foutenir les malades par dela nourriture, eft encore trop répandu par-mi les perfonnes mêmes que leurs talents &leur éducation devroient fouftraire à des er-reurs aufli groflieres que celles-. Il feroitbien heureux pour le genre humain, & leternie de fes jours feroit en général bienplus long, fi lon pouvoir lui perfuader cettevérité fi bien démontrée en médecine, ceft