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Tome premier (1780)
Entstehung
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43
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GÉNÉRALES. 43

loin de les fortifier, la nourriture augmentela maladie, & par-lk même affaiblit le ma-lade.

§. 19. Dès quil y a de la fievre, lefto-mac ne digéré plus que très-imparfaitement;tout ce quon avale fe corrompt, & devientune fource de pourriture, qui najoute rienaux forces du malade, mais qui augmentebeaucoup celles de la maladie ; ainfi toutce quon prend devient un vrai poifon, qui' détruit les forces ; mille exemples le prou-vent. On voit ces pauvres malheureux ,quon oblige à prendre de la nourriture ,perdre leurs forces, & tomber dans lan-goiffe & dans les rêveries, à mefure quilsmangent.

§. 20. On leur fait du mal , non-feule-ment par la quantité de la nourriture, maisaufli par fa qualité. On leur fait avaler desbouillons de viande les plus forts, des œufs,des bifeuits, de la viande même sil leur reftela force & le courage de la mâcher; il fautabfolument quils fuccombent fous le poidsde toutes ces vilenies. Si lon donne à unhomme fain de la viande corrompue, desœufs pourris , du, bouillon gâté , il eft at-taqué par des accidents violents , commesil avoit pris du poifon, & cen eft réel-lement; il a des vomiffements, des angoif-fes, une diarrhée horrible, de la fievre ,du délire, des taches pétéchiales, quon ap-pelle ici le pourpre. Quand on donne cesaliments bien conditionnés k un fiévreux,la chaleur & les matières corrompues qui