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CHAPITRE IL
Caufes qui augmentent les maladies du Peuple,Attentions générales.
§. 14. JLjES caufes que j’ai détaillées dansle premier chapitre produifent les maladies,& le mauvais régime , que le peuple ob-ferve quand il en eft attaqué, les rend beau-coup plus fàcheufes, & beaucoup plus fou-rent mortelles.
Il eft imbu d’un préjugé, qui coûte tou-tes les années la vie, dans ce pays feul, àquelques centaines de perfonnes ; c’eft quetoutes les maladies fe guériffent par la fueur,& que, pour procurer la fueur, il faut pren-dre beaucoup de chofes chaudes, & fe tenirfort au chaud. C’eft une double erreur fu-nefte a la population de l’Etat; & l’on nepeut trop inculquer aux gens de la campagne,qu’en cherchant à fe faire fuer au commence-ment de la maladie ils fe tuent. J’ai vu descas dans lefquels les foins qu’on s’étoit don-nés pour forcer cette fueur âvoient procuré lamort du malade, auffi évidemment que fion lui avoit cafîe la tête d’un coup de pifto-let. La fueur emmene ce qu’il y a de plus li-quide dans le fang ; elle le laiffe plus fec ,plus épais, plus enflammé ; & comme danstoutes les maladies aiguës, excepté un très-petit nombre qui font très-rares, il eft déjà