1 6 Introduction,dans leur voifinage. La vraie charité fentque, manque de lumières, elle peut nuire,& cette crainte la tient en fufpens; mais ellefaifit avidement toutes les lueurs qui peu-vent la diriger.
En troifieme lieu , les perfonnes riches,ou au moins aifées, que leur goût, leur*emplois, ou la nature de leurs fonds fixentà la campagne, où elles fe réjouifîent enfaifant du bien , feront charmées d’avoirquelques dîreâions dans l’emploi de leur*foins charitables.
Dans tous les villages où il y a quelquesmembres des trois claflès que je viens d’in-diquer , ils font prefque toujours informésdes maladies du lieu, parce qu’on s’adrefîèà eux pour du bouillon, de la thériaque ,du vin, des bifcuits, en un mot, pour toutce qu’on croit befoins de malades. A l’aidede quelques quefiions aux afliftants ou d’unevifite au malade, ils jugeront au moins dugenre de la maladie, & par une fage direc-tion , ils préviendront une foule de mal-heurs. Ils donneront du nitre au-lieu de thé-riaque, de l’orge ou du petit lait au-lieu debouillon, ils ordonneront des lavements oudes bains de pied au-lieu de vin, & des grusà l’eau au-lieu de bifcuits. L’orr ne croiraqu’au bout de quelques années le bien quipeut réfulter de ces attentions fi aifées &fouvent répétées. L’on aura d’abord un peude peine à changer une vieille habitude ;mais quand elle fera détruite, la bonne s’en-racinera tout aufli fortement, & j’efpere