6 Introduction.
de laifïcr fes enfants , dans une lïtuationpropre à foutenir cette dépenfe. De-là peude mariages quand on n’eft pas riche; peud’enfants quand on eft marié.
Le luxe nuit d’une autre façon. La viedéréglée qu’il a introduite , affoiblit la fan-té , ruine le tempérament, & la propaga-tion s’en relient néceffairement. La géné-ration qui paffe, compte des familles de plusde vingt enfants, celle qui vit ne comptepas vingt germains, celle qui vient ne con-noîtra plus les freres.
Un troifieme inconvénient du luxe, c’eftque le riche fe retire des campagnes pourbriller dans les villes , & qu’il augmentefon domeftique ; mais cette augmentationdes domelliques eft préjudiciable à la po-pulation : premièrement, n’étant pas à l’or-dinaire occupés fuffifammcnt, ils prennentle goût de la vie oifive, & deviennent in-capables de reprendre le labeur de la cam-pagne pour lequel ils étoient nés ; étantprivés de cette reffource, ils ne fe marientpas, ou fe marient trop tard; il naît moinsde citoyens.
L’oiftveté les affoiblit par elle-même, &les conduit a la débauche, qui les affoiblitencore davantage; ils n’auront jamais quepeu d’enfants mal-fains, qui ne feront pointen état de fournir des bras aux terres.
Ceux qui fe conduifent le plus fagement,qui confervcnt des mœurs, qui font quel-ques épargnes, accoutumés à la vie de laville, & craignant la peine de celle des