De l’Inoculation. 455St établir d’après leurs relevés de plufieursnécrologes de ville & de campagne, que detreize perfonnes qui ont la petite vérole na-turelle , il en meurt, deux , ainfi la propor-tion entre le nombre des morts St des ma-lades , dans la naturelle , étant de deux àtreize , St dans l’inoculée , de deux à fixcents nouante , l’avantage de l’inoculationfur la petite vérole naturelle eft déterminépar la proportion de 690 à 13 , ou de 53 T g-à 1 ; & je fuis convaincu que ce calcul eftencore au-deflous des avantages réels de l’ino-culation, dirigée par des Médecins habiles,qui feuls peuvent la conduire avec connoil-fance de caufe : mais j’ai cru ne devoir fairele calcul que fur ce pied-là , afin d’évitertout reproche de prévention. D’ailleurs il of-fre encore un avantage allez confidérable pourêtre décifif; St il fuffira , fans doute, à toutpere raifonnable St fenfible , de favoir quel’efpérance de conferver fon enfant, en l’ino-culant , eft à celle de le conferver en at-tendant la petite vérole naturelle , comme53 à 1, pour qu’il ne balance pas fur le partiqu’il doit prendre. Il fuffira au Prince de fa-voir que de 690 de fes fujets, il en mourraau moins 106 par la petite vérole , St quefi on les inoculoit, il n’en mourroit que deuxfur ce même nombre, pour le déterminer àencourager l’inoculation. Cette épargne, de104 hommes, 11e lui paraîtra finement pointà négliger, s’il mérite véritablement le titrede Pere de fes Peuples.
Quand 011 admettrait même la proportion