450 Des Remedestit-lait, eaux, &c, qui font peu d’ufage parmile peuple ; je me bornerai à cette remarquegénérale, c’eft que, quand on prend ces re-medes, il faut avoir un régime affortiffant,& qui concoure au même but. On prendordinairement le petit-lait pour fe rafraîchir,& l’on s’interdit pendant qu’on le boit, leslégumes, les fruits, la falade , l’on ne prendque les meilleures viandes, des jardinages aubouillon , des œufs , de bon vin : c’eft dé-truire par les aliments qui échauffent, le bienqu’on attend du petit-lait qui rafraîchit.
L’on veut fe rafraîchir par des bouillons,&c l’on y met des écrevifîes, qui échauffentpuiftamment , ou du creffon , qui échauffeauffi : c’eft manquer fon but. Heureufement,dans ce cas, une erreur en répare fouventune autre, & ces bouillons, qui ne font pasrafraîchiflànts, font beaucoup de bien, parceque la caufe des accidents ne demandoit pasdes rafraîchiflants comme on l’avoit cru.
La médecine du public , qui inalheureufe-ment n’eft que trop fuivie , eft remplie depareilles erreurs. J’en citerai encore une, parceque j’en ai vu de funeftes fuites ; beaucoupde gens croient le poivre rafraîchiflant, quoi-que leur odorat , leur goût &c leur raifon ,leur difent le contraire; c’eft l’aromat le pluséchauffant.
§ 561. Le préfervatif le plus fur, le plusà la portée de tout le monde, c’eft d’évitertous les excès, fur-tout ceux dans le manger6t dans le boire. L’on mange généralementplus qu’il ne faut pour fe bien porter, 6c pour