ARRÊTÉS A LA GORGE. 33
cliofe, il vit très-bien quelques jours, &: lamaladie eft alors une maladie particulière del’œfophage ; mais <i le paffage eft abiolumentfermé , & qu’on ne puiffe point le débou-cher pendant plufieurs jours, il en réfuite unemort cruelle.
§ 408. Le danger ne dépend pas autantde la nature du corps arrêté, que de fa grof-feur, relativement au paflàge de l’endroit oùil s’arrête , & de la façon dont il s’arrête ;& Couvent les aliments tuent, pendant queles corps les moins faits pour être avalés ,n’occafionnent pas de grands maux.
Un enfant de fix jours avala une dragéefucrée qui s’arrêta : il mourut d’abord.
Un homme fentoit qu’un morceau de mou-ton s’étoit arrêté ; pour n’effrayer perfonne ,il fortit de table : un moment après on veutlavoir où il eft, on le trouve mort. Un fé-cond périt par un morceau de gâteau ; untroifieme, par un morceau de peau de jam-bon; un quatrième, par un œuf, qu’il ava-loit par défi.
Une châtaigne qu’un enfant avaloit entière,le tua. Un autre enfant périt promptementétouffé, (car c’eft toujours d’étouffement qu’onpérit fi vite,) par une poire qu’il avoit jet-tée en l’air , & reçue dans fa bouche. Unepoire a auffi tué une femme. Un morceaude rendon, (ce qu’on appelle ordinairementnerf) refta arrêté huit jours fans que le ma-lade pût rien avaler ; au bout de ce temps,il tomba dans l’eftomac, dégagé par la pour-riture ; mais le malade mourut bientôt après,