204 Fievre
des étangs & des marais; d’un air enfermé,fur-tout s’il eft habité par plufieurs perfon-nes; d’un principe fingulier de corruption dansl’air; des chagrins.
§ 24$. Les fymptômes des fievres mali-gnes l'onr, je l’ai déjà dit, une perte totaledes forces, fans aucune caul'e précédente fén-fible qui ait pu les détruire ; en même-tempsun abattement de l’ame, qui devient pref-qu’infenfible à tout, & même à la maladie;un changement prompt dans le vifage, 6cfur-tout dans les yeux ; de petits friffons quialternent pendant vingt-quatre heures, avecde petits accès de chaleur ; quelquefois ungrand mal de tête 6c de reins ; d’autres foisil n’y a point de douleur ; des efpeces dedéfaillance dès le commencement du mal,ce qui eft toujours fâcheux ; point de bonf'oinmeil, fouvent un demi affoupiffement ;une rêverie légère ôc lourde, qui fe ma'ni-fefte fur-tout par l’air extraordinaire 5 c étonnédu malade, qui paroît s’occuper profondémentde quelque chofe, 5 c qui ne penle à rien ;quelques malades ont cependant des rêveriesviolentes ; prefque tous un fentiment de pe-fanteur , d’autres fois de ferrement dans levoifinage du creux de l’eftomac.
Le malade paroît avoir beaucoup d’angoiffe.Il a quelquefois de légers mouvements con-vulfifs dans le vifage , dans les mains , 6cmême dans les bras 5 c les jambes ; fes fensparoiffent s’engourdir ; j’ai vu plufieurs ma-lades les perdre tous les cinq , 8c quelques-uns fe guérir. Il n’eft point rare de voir des ma-