MALIGNE. 2.0}
comme on l’a fort bien dit, un chien qtftmord fans aboyer.
§ 243. Le caraétere diftinétif des fievresmalignes, c’eft la perte totale des forces dès lecommencement. Elles dépendent d’une cor-ruption des humeurs, qui eft pernicieufe auprincipe des forces, dont la deftruéfion eftprécifément la caufe du peu de violence desaccidents , parce qu’aucun organe n’eft plusen état de faire une défenfe vigoureufe, con-tre .la caufe de la maladie.
Si, au moment où deux armées vont fe bat-tre , on enleve à l’une prefque toutes fes ar-mes, le combat fera peu violent, peu bruyant,horriblement meurtrier. Le fpeétateur, qui,fans s’appercevoir de ce défarmement, ne ju-gerait du carnage qui fe fait que par le bruir,ferait extrêmement trompé. Le nombre desmorts fera prodigieux , il l’eût été beaucoupmoins ; & le bruit plus grand , fi les com-battants avoient été armés de part 8c d’autre.
§ 244. Les caufes de cette maladie fontun long ufage de viandes, fans légumes, fansfruits, fans acides ; des aliments mal condi-tionnés , comme le pain fait avec de mau-vaifes graines ; des viandes corrompues. Huitperfonnes mangèrent du poiflbn gâté , ellesfurent' toutes attaquées d’une fievre maligne,& il en périt cinq, malgré les foins clés plushabiles Médecins. Ces fievres font auffi très-fouvent l’effet de la difette , d’un air tropchaud & trop humide, d’une air fur-tout quiréunit ces deux qualités; auffi elles font fré-quentes dans les années chaudes, au bord
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