Rage. 159
par la même perfonne, les unes tombent dansla rage & non pas les autres.
§ 193. L’on vante une foule de remedespour la rage; & fur-tout dans ce pays, laracine d’églantier ou rofier fauvage, cueilliedans certains temps, fous des alpeéfs de lalune favorables, & lechée avec plufieurs pré-cautions. Ailleurs, c’eft la poudre de Paul-mur , celle de coquilles d’oeufs calcinées,celle d’hépatique terreftre, mêlée avec un tiersde poivre, remede long-temps vanté en An-gleterre ; celle d’écailles d’huître , celle deverveine , le bain de mer , la clef de feintHubert, &c. La mort d’une foule d’enragés,qui les avoient prefque tous pris, & la cer-titude qu’ils n’ont jamais guéri qui que ce foit,quand la rage étoit manifeftée , en ont dé-montré l’inutilité à toute l’Europe. Il eft cer-tain qu’avant l’an 1730, il n’étoit réchappéaucun malade de ceux chez qui la maladieavoit commencé à fe déclarer, & que tousles remedes leur étoient inutiles. Quand onleur donnoit les remedes avant le mal , lesuns devenoient enragés & non pas les au-tres; il en étoit de même dé ceux qui neprenoient point de remedes; ainfi les reme-des ne fervoient à rien. Depuis cette épo-que , on a eu le bonheur d’en découvrir unfûr, qui eft le mercure & quelques autres.
§ 194. Il faut détruire le venin, & le mer-cure produit cet efFet, il en eft le contre-poifon. Le venin occafionne une irritationgénérale des nerfs ; on la calme par des an-tifpafmodiques : ainfi le mercure & les an-