Rage. 157
les Telles font fouvent dérangées ; il fument,d’un moment à l’autre, de petites Tueurs froi-des ; l’on éprouve quelquefois une légère dou-leur dans la gorge. C’efl là le premier de-gré de la rage, ce que quelques Médecinsappellent rage mue .
§ 191. Le fécond degré, la rage confir-mée , ou rage blanche , eft accompagné desfymptômes (ûivants. Le malade eft preftë parune foif ardente, & il fouffre en-buvant;bientôt il hait la boifton , particuliérementl’eau, & quelques heures après il l’abhorre ;& cette horreur eft fi forte, que l’approchede l’eau près de fes levres, fa vue, Ton nommême, ou celui de toute autre boifton , lavue des chofes, qui, par leur tranfparence,ont quelque rapport avec l’eau, comme lalumière, lui occafionnent une angoifîe extrê-me , & quelquefois des convulfions. Ils ava-lent cependant, mais violemment, un peu deviande ou de pain., quelquefois de la foupe ;plufieurs même, les boitions qu’on leur offrecomme remede, moyennant que ce ne Toitpas de l’eau , ou qu’en même temps on neleur parle pas d’eau. L’urine s’épaiflît & s’en-flamme, quelquefois elle fe fupprime. La voixdevient rauque , ou ils la perdent prefqu’en-tiérement ; mais ce qu’on dit de leurs aboie-ments , femblables à ceux des chiens, fontdes contes ridicules, fuperftitieux, & dénuésde tout fondement ; aufîi-bien que plufieursautres fables dont on a chargé l’hiftoire decette maladie. L’aboiement des chiens leurfait peine. Ils ont des moments de délire,