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Tome Premier (1770)
Entstehung
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156
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i^f» Rage.

le faire ; il séloigne de demeure ; mar-che la tête & la queue baillées, la langueà demi-pendante 6c chargée décume, (cequi arrive au relie afîez ordinairement à tousles chiens. ) Les autres le l'entent fouvent daf-fez loin , & le fuient avec un air deffroi,qui ell une marque bien fûre de la rage. Quel-quefois il fe contente de mordre ce qui fetrouve près de lui ; dautres fois, plus fu-rieux, il fe jette à droite & à gauche fur tousles hommes & les animaux quil apperçoit ;il fuit avec horreur toutes les eaux quil ren-contre , enfin il tombe par épuifement ; quel-quefois il fe releve , fe traîne encore quel-ques inliants, & périt ordinairement le troi-lîetne , ou , au plus tard , le quatrième jourde fon évafion , fouvent plutôt.

§ 190. Quand quelquun a été mordu , laplaie fe referme ordinairement aulîi aifémentque fi elle nétoit point venimeufe ; mais aubout de quelque temps, plus ou moins, de-puis trois lemaines jufquà trois mois, le plusSouvent fix femaines, on commence à feu-tir, dans lendroit étoit la plaie, une dou-leur fourde ; la cicatrice fe gonfle , rougit,fe rouvre, & laiflTe couler une humeur âcre.,puante , rougeâtre. Dans le meme temps lemalade fent de la triftefle , de la noncha-lance , un engourdiflement général, un froidprefque continuel , de la peine à refpirer,une angoiffe qui ne le quitte point, des dou-leurs dans les boyaux ; le pouls eft foible 6cirrégulier ; le fommeil agité , inquiet, trou-blé par des rêves, des furfauts, des frayeurs;