i^f» Rage.
le faire ; il s’éloigne de là demeure ; mar-che la tête & la queue baillées, la langueà demi-pendante 6c chargée d’écume, (cequi arrive au relie afîez ordinairement à tousles chiens. ) Les autres le l'entent fouvent d’af-fez loin , & le fuient avec un air d’effroi,qui ell une marque bien fûre de la rage. Quel-quefois il fe contente de mordre ce qui fetrouve près de lui ; d’autres fois, plus fu-rieux, il fe jette à droite & à gauche fur tousles hommes & les animaux qu’il apperçoit ;il fuit avec horreur toutes les eaux qu’il ren-contre , enfin il tombe par épuifement ; quel-quefois il fe releve , fe traîne encore quel-ques inliants, & périt ordinairement le troi-lîetne , ou , au plus tard , le quatrième jourde fon évafion , fouvent plutôt.
§ 190. Quand quelqu’un a été mordu , laplaie fe referme ordinairement aulîi aifémentque fi elle n’étoit point venimeufe ; mais aubout de quelque temps, plus ou moins, de-puis trois lemaines jufqu’à trois mois, le plusSouvent fix femaines, on commence à feu-tir, dans l’endroit où étoit la plaie, une dou-leur fourde ; la cicatrice fe gonfle , rougit,fe r’ouvre, & laiflTe couler une humeur âcre.,puante , rougeâtre. Dans le meme temps lemalade fent de la triftefle , de la noncha-lance , un engourdiflement général, un froidprefque continuel , de la peine à refpirer,une angoiffe qui ne le quitte point, des dou-leurs dans les boyaux ; le pouls eft foible 6cirrégulier ; le fommeil agité , inquiet, trou-blé par des rêves, des furfauts, des frayeurs;