des Malades. 51
la grofieur d’une noifette de beurre, ou mêmepoint, & un pot d’eau ; faites cuire le toutjufqu’à ce que le pain foit prefque entièrementdéfait; on le pafle, &; l’on en donne une de-mi-quartete au malade de trois en trois, oude quatre en quatre heures, & même plusrarement fi la fievre étoit extrêmement forte.Ceux qui ont des grus, de l’orge, des pois,de l’abermel, du ris, peuvent en prendre ,cuits de la même façon, avec quelques grainsde fel.
§ 38. L’on peut auflî leur permettre, au-lieu de ces efpeces de foupes, des fruits d’étécruds, &, en hiver, des pommes cuites, oudes prunes & des cerifes feches & cuites. Lesgens inftruits ne feront pas lurpris de voirordonner les fruits dans les maladies aiguës,ils en voient les fiiccès tous les jours ; ceconfeil ne révoltera que ceux qui font en-core trop imbus des anciens préjugés; mais,en réfléchiffant, ils fentiront que ces fruits ,qui défalterent, rafraîchiftent, abattent la fie-vre , corrigent la bile corrompue & échauf-fée , entretiennent la liberté du ventre &c fontcouler les urines, font l’aliment le plus con-venable pour les fiévreux. Auffi ils les défirentardemment ; & j’en ai vu plufieurs qui 11es’étoient guéris qu’en mangeant en cachetteune grande quantité de ces fruits qu’ils defi-roient avec paffion , & qu’on leur refufoit.Ceux qui ne fentiront pas ces raifons, peu-vent au moins hazarder un efiai fur ma pa-role ; leur propre expérience les convaincrabientôt de l’utilité de cette efpece d’aliment.