GÉNÉRALES. 41
§ 23. Ce qu’il y a de plus horrible, danscet acharnement à échauffer, deffécher, &nourrir les malades, c’eft qu’il eft totalementoppofé à ce que la nature indique. Le feu& l’ardeur, dont ils fe plaignent, la féche-reffe de la peau, des levres, de la langue ,de la gorge, la rougeur des urines, l’ardeurqu’ils ont pour les chofes rafraîchiffantes, leplaifir, le bien que leur fait l’air frais, fontdes lignes qui nous crient à haute voix, quenous devons les rafraîchir par toute forte demoyens. Leur langue fale , qui prouve queFeftomac eft dans le même état, leur dé-goût, leurs envies de vomir, leur horreur pourles aliments & fur-tout pour la viande , lapuanteur de leur haleine, celle des vents qu’ilsrendent par-deffus & par-deffous , fouventcelle de leurs felles , prouvent que tout leurintérieur eft plein de matières corrompues,qui corrompront tous les aliments qu’on y met-tra , & que , tout ce qu’il y a à faire, c’eftde délayer ces matières par des torrents deboiffons rafraîchiffantes , qui les difpofent àêtre évacuées , aifément. Je le redis, & jefouhaite qu’on y faffe attention, tant qu’011 aun goût d’amertume, ou de pourriture, qu’ona du dégoût, ou que l’haleine eft mauvaife,qu’on a de la chaleur & de la fievre, que lesfelles font puantes , & les urines rouges,ou peu abondantes , la viande , les œufs ,tout ce dans quoi l’une ou l’autre de ces cho-fes entrent, la thériaque, le vin, toutes leschofes chaudes , font de vrais poifons,
§ 24. Je paraîtrai peut-être outré au public