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Tome Premier (1770)
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40 Attentions

rleres infeétes quils trouvent, font incapablesde nourrir, & deviennent un nouveau germede maladie. Ceux qui favent obferver, remar-quent conftamment, que quand un fiévreuxa pris ce quon appelle un bon bouillon, ila plus de fievre, & il eft par- même plusfoible. Donner un bouillon à la viande bienfrais, à un homme qui a beaucoup de fievreou de matières corrompues dans leftoinac,ceft précifèment lui rendre le même fervice,que fi on lui donnoit deux ou trois heuresplus tard un bouillon pourri.

§ 21. Je dois le dire , ce préjugé mor-tel, quil faut foutenir les malades par de lanourriture, eft encore trop répandu parmi lesperfonnes mêmes que leurs talents & leur édu-cation devraient fouftraire à des erreurs aufligroftieres que celle-. Il ferait bien heureuxpour le genre humain , & le terme de fesjours ferait en général bien plus long, fi lonpouvoit lui perfuader cette vérité fi bien dé-montrée en médecine , ceft que les feuleschofes qui publient fortifier un malade, fontcelles qui peuvent affaiblir la maladie. Maislopiniâtreté eft inconcevable à cet égard :elle eft un fécond fléau attaché à la maladie,& plus fâcheux quelle. De vingt malades quipériflent dans les campagnes, il y en a fou-vent plus de deux tiers qui auraient guéri,fi , mis Amplement dans un endroit ilsfuITent à labri des injures de lair, ils euffenteu de leau fraîche en abondance ; mais lesfoins mal entendus, dont je viens de parler,nen laiffent réchapper aucun.