GÉNÉRALES. 39ladie ; ainfi tout ce qu’on prend , devient unvrai poifon, qui détruit les forces; mille exem-ples le prouvent. On voit ces pauvres mal-heureux , qu’on oblige à prendre de la nour-riture , perdre leurs forces, & tomber dansl’angoih'e & dans les rêveries, à mefure qu’ilsavalent.
§ 20. On leur fait du mal, non-feulementpar la quantité de la nourriture, mais auhîpar fa qualité. On leur fait avaler de bouil-lons de viande les plus forts, des œufs, desbifcuits, de la viande s’il leur refie la force& le courage de la mâcher ; il faut ablolu-ment qu’ils fuccombent fous le poids de tou-tes ces vilenies. Si l’on donne à un hommefain de la viande corrompue, des œufs pour-ris , du bouillon gâté , il eh attaqué par desaccidents violents comme s’il avoit pris dupoifon, & c’en eh réellement; il a des vo-mihements, des angoilîes, une diarrhée hor-rible, de la fievre, du délire, des taches pé-téchiales , qu’on appelle ici le pourpre. Quandon donne ces aliments bien conditionnés, à unfiévreux, la chaleur & les matières corrom-pues qui font déjà dans fon ehomac, les ontbientôt pourris, &, au bout de quelques heu-res, ils produifent tous les effets dont je viensde parler. Qu’on juge s’ils peuvent convenir.
§ 21. C’eh une vérité établie par le plusgrand Médecin , il y a plus de deux milleans, & conhatée par fes fuccehéurs, que tantqu’un malade a de mauvais levains dans l’ef-tomac, plus on lui donne d’aliments, plus onl’affoiblit. Ces alimênts, gâtés par les ma-