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Tome Premier (1770)
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38 Attentionsde ce qu'il a trop fué au commencement, &de ce quil a pris des remedes liidorifiquesôc du vin. Il y a long-temps quun habileMédecin Suiffe a averti Tes compatriotes, quele vin leur étoit mortel dans les fîevres ; jele réitéré , mais je crains fort que ce ne foitavec auffi peu de fuccès.

Le Paylàn , qui naturellement naime pasle vin rouge , le boit en maladie par pré-férence , & ceft un grand mal, parce quele vin rouge empêche les felles plus que levin blanc , naide pas autant les urines, &augmente la force des vaifleaux & lépaiffif-fement du fang , qui font déjà trop confidé-rables.

§ 18. Lon augmente encore tous leursmaux par les aliments quon leur donne. Lamaladie affaiblit néceffairement, &c la follecrainte, que le malade ne meure de foibleffe,porte à lui donner des aliments, qui, en au-gmentant fa maladie, le tuent par la fîevre.Cette crainte eft abfolument chimérique ; ja-mais la foibleffe na tué aucun fiévreux. Ilspeuvent être plufieurs femaines à leau , &Cfont bien plus forts au bout de ce terme ,que fi on les avoit nourris, parce que^ bien-loin de les fortifier, la nourriture augmentela maladie , & par- même le malade eftplus foible.

§ 19. Dès quil y a de la fievre , lefto-mac ne digéré plus ; tout ce quon avale fecorrompt & devient une fource de pourri-ture, qui najoute rien aux forces du malade,mais qui augmente beaucoup celle de la ma-