34 Attentions
la population de l’Etat ; l’on ne peut tropinculquer aux gens de la campagne , qu’encherchant à le faire luer au commencementde la maladie, ils fe tuent. J’ai vu des casclans lefquels les foins, qu’on s’étoit donnéspour forcer cette fueur, avoient procuré lamort du malade, auffi évidemment que li onlui avoit cafte la tête d’un coup de piftolet.La fueur emmene ce qu’il y a de plus liquidedans le fang; elle le laifïë plus fec, plus épais,plus enllammé ; & comme dans toutes lesmaladies aiguës, excepté un très-petit nom-bre , qui font très-rares, il eft déjà trop épais,elle augmente évidemment le mal. Rien-loind’ôter l’eau du fang, l’on doit chercher à luien donner. Il n’y a point de paylàn, quine dife, quand il a une pleuréfie, ou uneinflammation de poitrine , que fon fang efttrop épais ; & qu’il ne peut pas circuler. Enle voyant dans le vafe, il le trouve noir,fcc, brûlé, ce font fe s termes ; comment lefeus commun ne lui cîit-il pas, que bien-loinde faire Ibrtir l’eau d’un tel fang par les lueurs,il faut y en ajouter?
§ 15. Mais quand il feroit aufli vrai, qu’ill’eft peu, que la fueur eft utile au commen-cement des maladies , les moyens qu’on em-ploie pour la procurer, n’en lëroient pas moinsmortels. Le premier, c’eft d’étouffer le maladepar la chaleur de l’air & des couvertures. L’onredouble de foins, pour empêcher qu’il n’en-tre de l’air frais dans la chambre, où, par-làmême, il eft bientôt extrêmement corrom-pu ; & l’on procure une telle chaleur, par