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du Capitaine Carteret. 337
conçuflent quelque projet contre la Compagnie, d’a-près les inftru&ions que je devois leur donner, puif-qu’on ne connoifloit , ainfi que je l’ai déjà dit plushaut, aucun vaifleau de guerre Anglois qui eût vifitél’Ifle auparavant.
Cette lettre fut pour nous un nouveau fujet défurprife & de réflexion. Elle étoit extrêmement malécrite par rapport au ftyle & à la forme épiflolaire ;cependant elle n’en méritoit pas moins d’attention. Jene pouvois pas décider abfolument jufqu’où l’avisqu’elle me donnoit étoit vrai ou faux. Il étoit poflibleque l’Ecrivain fe fût trompé; peut-être auiïi vouloit-ilme tromper moi-même. Le menfonge pouvoir luiprocurer quelque petite récompenfe pour l’amitié &le zèle avec lefquels il me l’annonçoit, ou enfin luidonner une importance qui fatisferoit du moins fa va-nité. Il convenoit que je prifle les mêmes mefuresque fi j’avois été fûr de la réalité du projet. Je doisavouer que je n’étois pas trop tranquille lorfque jeconfidérois qu’on avoit rappellé le Secrétaire du GrandConfeil, le Cerf, le Grand Sloupe & une partie desfoldats, qui, à ce qu’on difoit, n’avoient été envoyésà Bonthain que pour nous mettre à l’abri des infultesdes Naturels du pays. Mon inquiétude augmentaquand je penfai aux troupes qui s’afiembloient à Ma-cajjar pour une expédition à Bally, au petit canotqu’on avoit vu rôder autour de nous pendant la nuit,& enfin à la lettre du Gouverneur qui s’informoit dutems où je quitterois l’Ifle. Soit que la nouvelle &nos conjectures fufi’ent véritables ou faufîes, nous nous
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Ann. 1768,Mars..