du Capitaine Carteret. 317
ment il étoit équipé. Le Lieutenant & un de meshommes furent bleflés , mais non pas dangereufement;une partie de nos manœuvres courantes fut coupée& nous reçûmes quelques autres légers dommages.Nous favions que ce bâtiment étoit le même quenous avions apperçu à l’entrée de la nuit , & nousapprîmes enfuite qu’il appartenoit à un pirate qui avoitplus de trente bâtimens pareils fous fon commande-ment. La petitefîe de notre vaifleau, qu’il regardoitd’ailleurs comme un vaifleau marchand , l’encourageaà nous attaquer ; & nos forces fupérieures à ce qu’ellesparoifîoient annoncer lui furent fatales.
Ann. 1767.Décemb.
Le iz , nous rencontrâmes les dangereux bancs defable appellés les Spcra-Mondes , & nous eûmes lechagrin de trouver que la mouflon d’Ouefl: avoit com-mencé , & que contre ces vents & le courant , ilétoit impoflible à tout vaifléau de gagner à l’Oueft lahauteur de Batavia. Il étoit néceflaire alors d’attendrejufqu’au retour de la mouflon EU, & jufqu’à ce quele courant changeât de direction. Nous avions perdutreize perlonnes de notre équipage, & il n’y en avoitpas moins de trente qui étoient aux portes de la mort.Tous les Officiers fubalternes étoient malades, & leLieutenant & moi qui faifions tous les fervices, nousétions très-foibles. Dans ces conjonétures je ne pouvoispas tenir ia mer, & il ne me reftoit d’autres moyens pourconferver la vie du refte de l’équipage, que de relâcherà quelque endroit où nous puflions trouver du repos& des rafraîchiflemens. Comme nous étions fort avan-cés au Sud, je réfolus donc de profiter de cette cir-