du Capitaine Carteret. 503
un arc & des flèches, & lui fit ligne d’aborder dansl’endroit où il étoit. L’Gfîicier eut la prudence de n’ypas confentir , parce que nos gens auroient été à laportée du feu des Infulaires qui étoient peut-êtreplacés en embufcade ; il attendit quelque tems , &cvoyant qu’il ne pouvoir pas obtenir une conférence àd’autres conditions, il revint au vaifTeau. Il dépendoitcertainement de moi de détruire un grand nombrede ce peuple fi peu hofpitalier, en tirant nos groffespièces d’artillerie dans le bois ; mais cet expédientn’auroit pas eu d’heureufes fuites. Nous n’aurionspas pu dans la fuite nous procurer de l’eau & dubois, fans rifquer la vie de nos gens : j’efpérois tou-jours acheter des rafrîchiflemens de bon accord à laville , ou j’étois réfolu de me rendre, étant alors en étatde me défendre contre une attaque fubite.
C’est pour cela que le lendemain au matin 4, à lapointe du jour, je fis voile avec une petite brife deterre, de cet endroit que j’appellai Deccitful Bay, ( lahayc Trompeufe ); & entre dix & onze heures nous for-tîmes de la baie ou enfoncement, au fond duquel nosbateaux avoient découvert la Ville & le Fort. Il arrivaque précifément à ce moment le tems devint fombre,avec une pluie forte, & la brife commença h fou filerviolemment d’un rumb qui mettoit la terre fous levent. Je fus obligé de prendre le large, & n’ayantpoint de tems à perdre je portai à l’Oueft, afin de pou-voir gagner Batavia avant que la faifon fût paffée.
J e décrirai d’une maniéré particulière notre navi-gation fur la mer qui lave les côtes de cette Ifle, d’au-