- ¥■:
ggjüVlUi JJ.I J miHIBW
Ann. 1767.Novemb.
302, V O Y A G E
avoient pour armes des fufils, des arcs, des flèches,de grandes piques ou lances, de larges fabres , uneefpèce de poignard appellé cri , & des boucliers.Nous obfervâmes aufii qu’ils retirèrent dans les boisune pirogue qui étoit fur la côte fous un hangar. Cesapparences n’annonçoient pas des hommes pacifiques;elles furent fuivies par d’autres qui nous firent con-noître plus clairement leur mauvaife volonté; car cesInfulaires pafsèrent le refie du jour h entrer & fiortirdes bois , comme s’ils fe fuffent exercés a l’attaqued’un ennemi. Quelquefois ils jettoient leurs traits &lançoient leurs javelines dans la mer du côté du vaif-feau ; d’autrefois ils élevoient leurs boucliers & agi-toient leurs fabres contre nous d’une manière mena-çante. Pendant tout ce tems-là, nous n’étions pas oififsà bord; nous montâmes nos canons, nous racommo-dâmes nos agrès ; & nous mîmes tout en ordre avantle foir. Etant prêt alors à faire voile , je réfolus , s’ilétoit poflïble, d’avoir une autre entrevue avec les In-fulaires de la côte ,& d’apprendre la raifon d’un chan-gement à notre égard fi fubit & fi extraordinaire. Jedépêchai donc mon Lieutenant, & comme un témoi-gnage de nos intentions pacifiques, il arbora une fé-condé fois la nappe en ligne de trêve. J’eus la pré-caution cependant d’envoyer le bateau vers une par-tie du rivage où il n’y avoir point de bois, afin quenos gens ne fufl'ent pas expofés à être aflàillis par desennemis qu’ils ne verroient pas : j’ordonnai aufii queperfonne n’iroit à terre. Lorfque les Indiens s’apper-çurent que le bateau approchoit de la côte , & Ç ueperfonne ne débarquoit, un d’eux fortic du bois avec