du Capitaine Carteret. 293
mes notre route. Lorfque les Indiens s’apperçurentque nous les quittions, un d’eux demanda ardemmentde venir avec nous , & malgré tout ce que Tes com-patriotes & moi, pûmes lui dire ou lui faire , il refufaopiniâtrement de retourner à la côte. Comme je crusque cet homme pouvoit nous fervir à faire quelquesdécouvertes utiles , je ne le renvoyai pas à terre parforce 3 & je lui accordai ce qu’il défiroit. Nous apprî-mes de lui qu’il y a d’autres Ifles au Nord , dont leshabitans , à ce qu’il nous dit, ont du fer. Il ajoutaqu’ils s’en fervoient pour tuer fes compatriotes lorf-qu’ils les attrapoient en mer. Je remarquai avec beau-coup de douleur que ce pauvre Indien , que j’appellaiJofeph Freewill ( de bonne volonté) , à caufe de fon em-preffement à venir avec nous, tomboit malade de jour enjour, après qu’il eut féjourné quelque tems dans notrevaiffeau ; il vécut jufqu’à mon arrivée à l’Ifle de Celebes ,où il mourut. Commeles Mes d’où je l’avois emmenéétoient très-petites & très - baffes , la plus granden’ayant pas plus de cinq milles de circonférence , jefus furpris de voir combien il connoifloit des produc-tions qui font aux Celebes: outre le cocotier & le pal-mier, il reconnut l’arbre qui porte le bétel & le citro-nier , & à l’inftant qu’il cueillit un fruit k pain, ilalla auprès du feu & le grilla dans les cendres. Il nousfit entendre auiïi que dans fon pays il y avoit du poif-fon en abondance & des tortues fuivant la fai fon. Ileft cependant très-probable , malgré le grand nombred’habitans qui vivent fur ces Mes , qu'ils n’ont pointd’eau douce que celle de la pluie. Je n’ai pas eu occa-fion d’apprendre comment ils la reçoivent & la con-
Ann. 1767.Septemb.