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du Capitaine Carteret. 2,8y
faire mon fervice, il tira au S. ^ S. E. & S. S. E. ens’en éloignant. Je montai fur le tillac vers minuit,& voyant à une heure que nous les avions dépalfées,je gouvernai de nouveau à l’Oueft à petites voiles.Cependant nous étions près des Ifles, & fur les fixheures un nombre confidérable de pirogues, ayantplufieurs centaines d’indiens à bord, s’avancèrent &ramèrent vers le vailïeau. Une d’entr’elles qui portoîcfept hommes, s’approcha allez de nou-s pour nous hé-ler ; elle nous fit beaucoup de lignes que nous nepouvions pas entendre parfaitement; mais nous les ré-pétâmes le mieux qu’il nous fut pofTible pour faire com-prendre aux Infulaires, que nous avions pour eux lesmêmes difpolitions qu’ils avoient à notre égard : afinde mieux gagner leur bienveillance & de les engagerà venir à bord, nous leurs tendîmes quelques-unes desbagatelles que nous avions ; fur quoi ils s’approchèrentplus près du vaifièau , & je me flattois qu’ils alloient ymonter ; mais au contraire dès qu’ils furent à notreportée, ils lancèrent avec force leurs javelines , furl’endroit du tillac où nous étions en plus grand nom-bre. Je crus qu’il valoit mieux prévenir que d’avoir àrepouffer une attaque générale , qui auroit été d’au-tant plus meurtrière que le nombre des combattansferoit plus grand ; ne doutant plus que les Infulairesne fuffent nos ennemis, je fis tirer quelques coups defufil & un des pierriers. Cette décharge ayant tué oubielle quelques-uns d’entr’eux , ils fe retirèrent & joi-gnirent les autres pirogues qui étoient au nombre dedouze à quatorze. Je mis à la cape pour attendre la finde cette attaque , & j’eus la fatisfaction de voir qu’a-
Ann. 17 67Septemb.