du Capitaine Carteret. 143
ment faire de l’eau & du bois , nous procurer quel-ques rafraîchiiTements pour les malades , & mettre levaifleau à la bande afin de vifiter & d’arrêter la voied’eau. Je lui donnai quelques verroteries , des rubans &d’autres quincailleries que j’avois par hafardà bord , afinqu’il pût , au moyen de ces préfens , gagner la bien-veillance des Infulaires s’il en rencontroit quelques-uns. Je lui ordonnai cependant de ne point s’expofer,& fur-tout de s’en revenir fur le champ au vaiffeau ,s’il voyoit approcher un certain nombre de piroguesqui le menaçaffent d’hoftilités, & s’il trouvoit en mer oufur la côte des petites troupes d’indiens, de les traiteravec toutes les bontés pofiibles, afin d’établir un com-merce amical entr’eux & nous. Je le chargeai de nejamais quitter le bateau lui-même pour aucune raifon ,<Sc de ne pas envoyer plus de deux hommes à terre ,pendant que le refte fe tiendroit tout prêt pour la dé-fenfe. Je lui recommandai , dans les termes les plusforts , de s’occuper uniquement de l’objet de fonvoyage , parce qu’il étoit de la derniere importancepour nous de découvrir un endroit convenable pourréparer le bâtiment ; enfin je le conjurai de revenir leplus promptement qu’il lui feroit pofiible.
Peu de tems après que j’eus dépêché le canot pourcette expédition , j’envoyai à terre la chaloupe avecdix hommes à bord bien armés, & , avant huit heures,elle nous rapporta une tonne d’eau. Je la renvoyai lurles neuf heures , mais voyant quelques naturels dupays s’avancer vers l’endroit de la côte où nos gensdébarquoient, je leur fis fignal de revenir; je ne favois
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