Voyage
rien qui indiquât une grande terre. Nos gens com-men-^7* çoient à être très malades du fcorbut qui avoir fait degrands progrès. Voyant que tous nos efforts pourgagner une latitude méridionale plus avancée, étoientinefficaces , 6e que le mauvais tems, le changementde vents 6t par-defîus tout , les défauts du vaifleaurendoient notre marche lente , je crus qu’il étoit abfo-îument néceiïaire de prendre la route , dans laquellele bâtiment & l’équipage fcroient plus en sûreté. Aulieu donc d’entreprendre de m’en revenir par le S.E., projet qu’il auroit été prefque impoffible d’exécu-ter , eu égard à notre fituation & à la faifon de l’an-née, je portai au Nord afin de gagner les vents alifés^Je me tins toujours dans les parages , qui fur la foides Cartes , dévoient me conduire à quelque Ifle où jepourrois me procurer les rafraîchiffemens dont nousavions fi grand befoin. J’avois deffein , fi le vaifféaupouvoit être réparé , de pourfuivre mon voyage auSud, au retour de la faifon convenable , pour faire de.nouvelles découvertes dans cette partie du globe. Jeprojettois enfin , fi je découvroîs un continent 6c queje puflè y trouver une quantité fiiffiiante de provi-fions , de me maintenir le long de la côte au Sud ,jufqu’à ce que le Soleil eût paflé l’équateur , de ga-gner alors une latitude Sud fort avancée , 6c de tirera POueft vers le Cap de Bonnc-EJpérance , ou de m’enrevenir à l’Eff:, 6c enfin après avoir touché aux IflesFaîklands s’il étoit néceffaire, de partir promptementdelà pour aborder en. Europe.
Je ne rencontrai le véritable vent alifé que îorfquç