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Voyage
cependant nous dérivions chaque jour de douze ou
Ann. 1767. q U j nze m iHes au Nord de notre eftime.
Avril. ~
Le 1$, fur les quatre heures du matin, après avoirfurmonté beaucoup de difficultés & de périls , nous- gagnâmes le travers du Cap Pillar avec une brile lé-gère du S. E. & une groffie houle. Entre cinq &. fixheures , nous découvrîmes le Cap Dejeado , & dans cemême infiant le vent fauta tout-à-coup au S. & S. ~S.O., & fouffia fi fort que ce fut avec peine que nousportions nos huniers rifés. Ce changement fubit devent & fa violence exceffive rendirent la mer fi prodi-gieufement grofiè , que l’eau inondoit notre tillac , &nous courions le plus grand rifque de couler à fond.Nous n’osâmes pas diminuer nos voiles, nous avionsbefoin de toutes celles que nous pouvions porter pourdoubler les Ifles remplies de rochers , auxquelles SirJean Narborough a donné le nom àtlf/es de Direction ;car il n’étoit pas potlible de retourner dans le détroit,fans tomber au milieu des terres coupées & fans cou-rir les dangers du voifinage de la côte feptentrionalequi étoit au-deffous du vent. Cependant malgré tousnos efforts , le vaiffeau dérivoit beaucoup vers cesterres & vers la côte fous le vent. Dans cette conjonc-ture critique , nous fûmes obligés de défoncer toutesles pièces d’eau placées fur le tillac , d’alléger le bâti-ment entre les ponts, & de forcer de voiles ; enfinnous échappâmes heureufement au danger qui nousmenaçoit. Après que nous fûmes dehors de ces Ifles,(k que nous eûmes débouqué le détroit, les flots de
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