du Capitaine Carteret. 19J
fions. Le lendemain , à la pointe du jour , nousvoyions encore les huniers du Dauphin au-deflus dePhorifon, & nous apperçûmes qu’il portoic fes boute-hors. A neuf heures , nous le perdîmes entière-ment de vue ; & nous jugeâmes qu'il avoit débou-qué le détroit; mais nous étions toujours au-defiousde la terre , & nous n’avions que des vents légers& variables. Je n’eus plus d’efpoir alors de revoirle Dauphin ailleurs qu’en Angleterre , puifque nousn’avions point concerté de plan d’opération , ni nom-mé aucun rendez-vous , comme nous avions faitde Phmouth au détroit de Magellan. Cette répara-tion étoit d’autant plus malheureufe pour moi, quependant les neuf mois que nous avions navigué en-femble, on n’avoit mis à bord du Swallow aucune desétoffes de laines, toiles , verroteries, couteaux , cifeauxôc autres ouvrages de coûtellerie dtftinés à l’ufagedes deux vaiflèaux , & qui étoient fi nécefîaires pourobtenir des rafraîchiffemens des Indiens. Nous man-quions d’ailleurs de forge & de fer , fans quoi nousne pouvions peut-être pas conferver notre bâtiment.J’eus cependant la fatisfaélion de ne point appercevoirdémarqués d’abattement parmi l’équipage, j’encoura-geai mes gens en leur difant, que quoique le Dauphinfût le meilleur des deux vaiflèaux , j’efpérois quece défavantage feroit amplement compenfé par leurcourage , leur habileté & leur bonne conduite/*
A midi de ce jour , nous étions en travers du CapPillar , lorfque une brife s’élevant au S. O. , nousfûmes obligés d’abattre nos petites voiles , de rifer
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Ann. 1767.Avril.