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Ann. i 76 $.Novemb.
171 Voyage
nous eûmes des vents très-frais 6c par grains, avec dutonnerre, des éclairs 6c une grande pluie; mais, com-me la tenue étoit très-forte dans ce mouillage , la bontéde nos cables nous ralïuroit fur le danger d’être jettesà la côte.
Le lendemain au matin, 17, le courant ou la maréeportait au S. E. avec une vitefle que j’eftimai de troisnœuds par heure. Nous appareillâmes à cinq heurespar un vent d’Oueft modéré 6c un tems brumeux.Dans la nuit, la dire&ion de la marée changea, 6c re-verfa avec la même force dans le N. O. ; ainli la ma-rée en cet endroit monte ou defcend douze heuresde fuite.
Le 19 , nous parlâmes à un Senault Anglois de notreCompagnie des Indes, il étoit parti de Bencoolcn pourfe rendre à Malacca & enfuite au Bengale y nous noustrouvions alors avec les premières provifions du vaif-feau , qui étoient entièrement corrompues; le bœuf &îe porc exhaloient une odeur infupportable, 6c notrepain fourmilloit de vers. Le Maître du Senault n’eutpas plutôt appris notre fituation, qu’il nous envoya unmouton, une douzaine de'volailles 6c une tortue; cequi étoit, je penfe, la moitié de fes provifions ; 6c il euela générofité de ne vouloir rien accepter que nos re-mercimens : c’eft avec plaifir que je lui paie ce tributde reconnoifîance ; 6c je fuis bien fâché de ne pas merappeller fon nom, ni celui de fon vailfeau.
Dans l’après-midi , nous rangeâmes la pointe deSumatra , 6c les fondes, le long de la côte du Nord, à