Ann. 176 j.Juin.
130 Voyage
les ombrages d’un bois de cocotiers garantiflent desrayons brûlans du foleil. J envoyai aulli-tot deuxbateaux armés , commandés chacun par un Officier ,pour reconnoître les fondes & la place la plus favo-rable à l’ancrage ; mais ils trouvèrent la côte bordéepar-tout d’un rocher auffi efcarpé qu’un mur , 'a l’ex-ception de l’ouverture qui découvroit l’Hlot, & dontla largeur efl: à peine d’une longueur de navire ; & Ikmême on y trouvoit 13 braffes d’eau, fur un fond decorail. Nous mîmes en travers vis a-vis de cette entréenous vîmes quelques centaines d’indiens rangés enbon ordre , & qui s’avancèrent dans l’eau jufqu’à laceinture; ils avoient les mêmes armes que les Indiensdes autres Mes, & l’un deux portoit une longue per-che , au haut de laquelle étoit attachée une pièce denattes , ce que nous primes pour un drapeau : ilsfirent des cris affreux & continuels , & le momentd’après, plufieurs grandes pirogues defcendirent le lacpour fe joindre à eux ; nos canots qui étoient enavant leur faifoient tous les lignes poffibles d’amitié ,fur quoi quelques pirogues doublèrent l’Mot pour s’enapprocher : je crus d’abord que c’étoit avec de bonnesintentions, & qu'il s’établiroit entre nous un com-merce d’amitié ; mais nous fûmes bientôt convaincusque les Indiens n’avoient d’autre deffein que d’échouernos bateaux fur le rivage. Dans le même tems plu-fieurs Indiens s’élancèrent des rochers dans la mer &nagèrent vers nos canots ; l’un d’eux fauta dans lebateau de la Tarnar , où en un clin d’œil il fe faifït dela vefte d’un matelot, fe rejetta à la nage entre deuxeaux , ôc ne reparut que près du rivage où il rejoi-