Ann. 1765.Avril.
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108 Voyage
Vers les huit heures nous mîmes à la voile , 6cnous ne trouvâmes que peu ou point de courant. Amidi , le Cap Upright nous reftoit à O. S. O., diftancde trois lieues. A. fix heures du foir, nous mouillâmesdans la baie , fur le rivage méridional ; cette baie eftà l’Efl: & à la diftance d’environ une lieue du Cap, 6cl’on y trouve 15 bralfes d’eau.
Tandis que nous y étions h l’ancre, & que nousnous occupions à faire du bois 6c de l’eau , fept ouhuit Américains parurent en pirogue fur la pointe occi-dentale de la baie ; ils defcendirent à terre du côtéoppolé à notre vaifleau , 6e firent du feu. Nous lesinvitâmes à venir à bord, par tous les lignes que nousjugions propres à les attirer, mais ce fut inutilement.Je m’embarquai dans mon ïole, & je me rendis auprèsd’eux. Je m’introduilis en leur failant des préfens depeu de valeur , 6c dont ils parurent fort fatisfairs. Nousne tardâmes pas k être bons amis', j’envoyai l’ïole cher-cher du pain , 6c je reliai feul avec eux fur le rivage.Dès que mes gens furent de retour avec le bifcuit, jele partageai entre ces Américains 6c je remarquai avecautant de furprife que de plaifir que s’il arrivoit qu’unmorceau tombât k terre , aucun d’eux ne fe préfentoitpour le ramalfer, que je ne l’eufie permis. Nos gens femirent k couper des herbes pour quelques moutons quenous avions encore k bord. Les Américains s’en étantapperçus, coururent aulfi-tôt en arracher, 6c les porterau bateau qui en fut bientôt rempli. J’étois touché decette attention : mais je m’apperçus que le plaifir que