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Capitaine Byrün. 107
en même-tems un du Dauphin pour tâcher d’en recon-noître queîqu’autre fur la côte du Nord.
Ann. 176 f.Avril.
Le lendemain, 4 , dans la matinée, le canot duDauphin fut de retour à bord. Il avoit côtoyé à l’Oueftle rivage du Nord l’efpace de cinq lieues, & reconnudeux places propres au mouillage. L’Officier me dit,dans fon rapport, qu’il avoit rencontré des Américainsdont les pirogues étoient d’une conftruèlion bien dif-férente de celles que nous avions déjà vues dans ledétroit. Elles étoient faites de planches coulues enfem-bîe, au-lieu que les autres n’étoient que des écorcesd’arbre nouées aux deux bouts & traverfées dans lemilieu par un morceau de bois court , pour les tenirouvertes, à-peu-près comme les bateaux que les enfansfont avec des cofies de pois. Les Américains lui paru-rent plus ftupides encore qu'aucun de ceux que nousavions vus. Ils étoient nuds , n’ayant malgré la rigueurdu froid qu’une peau de loup de mer, jettée Ample-ment fur leurs épaules ; mais il n’y a guère que lescochons qui eufl’ent voulu goûter de leurs mets : c’étoitun gros morceau de baleine , déjà en putréfaétion &dont l’odeur infeètoit l’air au loin. L’un d’eux décou-poit avec les dents cette charogne, ôe en préfentoit lesmorceaux à fes compagnons qui les mangeoient avecla voracité des bêtes féroces. Cependant ils ne confi-déroient pas avec indifférence ce que nos gens poffé-doient ; car un matelot s’étant endormi , ils lui cou-pèrent le derrière de fon habit, avec une pierre tran-chante qui leur fert de couteau.
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