du Capitaine Byron. 103
& nous allions nous trouver dans une nuit ténébreufe, ^au milieu d’un canal étroit environnés d’écueils & debrifans. Nous voulûmes ferler la voile du'perroquet defou gue, mais avant que cette manœuvre pût s’exécu-ter , la voile fut emportée fur les cargues : alors nousmîmes à la cape fous la grande voile & la mifainerifées, & gouvernâmes au S. O. Mais la mer étoitprodigieufement grofle ; fes lames brifoient fur notrevaifléau fi fréquemment, que notre pont étoit conti-nuellement fous les eaux. A neuf heures, dans uneéclaircie , nous vîmes le haut Cap fur la côte du Nord,dont nous avons déjà fait mention , qui nous reffoità l’Eft, à près d’un mille de diftance; mais nous avionsentièrement perdu de vue la Tamar. A trois heures& demie du matin , nous nous trouvâmes tout prèsd’une terre très-élevée fur le rivage du Sud ; nous re-virâmes au large, portant le Cap au Nord. La tem-«pête , loin de diminuer , fembloit faire de nouveauxprogrès, la pluie tomboit en torrens, & le ciel fem-bloic fe confondre avec la mer. A chaque inftant nousnous attendions à être brifés contre des écueils. Lejour , ij , fi ardemment defiré , commença enfin àpoindre ; mais le ciel étoit fi chargé , & la brume fiépaiffe , qu’il nous fut impolhble de découvrir la terre,dont nous favions n’être pas fort éloignés. A fix heu-re nous vîmes le rivage méridional , â la diftance d’en-viron deux milles; ôc bientôt après nous apperçûmes,avec une joie infinie, la Tamar. Dans ce moment leCap Monday nous reftoit au S. E., diftant d’environquatre milles , & la violence du vent ne diminuantpoint, nous portâmes fur ce Cap ; & fur les quatre