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Ann. 176^.Février.
8é Voyage
pointe du Pajfage. Ces Jfles rendent le canal très-étroit ; car entre l’Ifle Rupert & la pointe du Paffageil n’a pas plus de deux milles de largeur, Il eft nécef-faire de gouverner au Nord de toutes ces Ifles ,• fanss’éloigner du rivage feptentrional : nous fîmes voileen le côtoyant à la diftance de deux encablures , &nous n’eûmes point de fond avec une ligne de 40 braf-fes ; à dix heures du foir le vent ayant palfé à l’Oueft,nous portâmes fur la baie Elisabeth, où nous mouil-lâmes fur 10 brades d’eau d’un très-bon fond; néan-moins le meilleur ancrage eft par 13 brades, car àenviron une encablure autour de nous , on n’avoitguère que 3 & quatre brades. Dans cette baie fedécharge un ruideau dont l’eau eft parfaite. Nousobfervâmes ici que le flot porte très - fortementà l’Eft; & conformément à notre calcul, il commenceà midi dans les Syçygies ; nous trouvâmes la déclinai-fon de l’aimant de deux rurnbs vers l’Eft.
Le 28 à deux heures après midi , les vents étantentre le N. O. & l’O. grand frais, & fouillant parradiales violentes, je fis virer fur le cable, & au mo-ment où nous nous trouvâmes à pic fur notre ancre,le vaifleau chafla ; il fut immédiatement porté fur unebafle , à deux encablures du rivage : à l’inftant nousîaiflames tomber notre ancre d’affourche par 4 braf-fes d’eau , n’en ayant que 3 à l’arriere : l’ancre detoue fut portée avec toute la célérité poflible, & virantdeflus , nous parvînmes à nous éloigner du rivage ;alors nous levâmes notre fécondé ancre & celle d af-fourché, filâmes le greflin, & avec le foc & la voile