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Voyage
Le 18 , nous donnâmes dans le détroit, & pafia-
Ann l 7 a s mes j e prem j er goulet. Je commençai à m’apperce-tevrier. —■ - - rr
voir que ce vaifleau tenoit exactement notre mêmeroute, forçant & diminuant de voiles, pour fe réglerfur notre marche, ce qui me le rendit f'ufpect. Aprèsavoir paffé le premier goulet , obligé de mettre entravers pour attendre la Floride qui étoit loin derrierçnous ; j’imaginai que peut-être fon deffein étoit demettre obftacle à notre navigation , & je me mis enétat de défenfe : dès qu’il eut paffé le goulet , nousvoyant en travers, il s’y mit aufli à la diftance d’en-viron.quatre milles, confervant fur nous l’avantage duvent. Nous refiâmes dans cette fituation jufqu’au foir ,que le flot nous portant fur le rivage méridional ,nous laiffâmes tomber l’ancre. Le vent changea dansla nuit , & les premiers rayons du jour nous mon-trèrent notre fatellite à l’ancre , & à environ troislieues fous le vent à nous : c’étoit le moment de lamarée montante , & je voulus profiter du flot pourpaffer le fécond goulet ; mais voyant le vaiffeau in-connu mettre k la voile & nous fuivre, je rangeaiaufîi-tôt le Cap Grégoire où je mouillai, ayant unecroupiere fur le cable. Je fis monter fur le pont huitcanons que nous avions dans la cale, & j’ordonnaiqifon les plaçât d’un feul côté : nous le voyions ce-pendant s’approcher fans arborer de pavillon , ainfique nous, ce qui donnoitlieu à différentes conjectures.D ans ce même tems la Floride manœuvrant pour ve-nir mouiller dans notre voifinage, donna fur un bancde fable, & y refia échouée. A la vue du danger queçouro:t ce bâtiment, l’épranger qui en étoit fort près
jetta