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78 Voyage
décharger, quoique le peu de largeur du canal & la‘ 76j ’ rapidité du flot rendîflent ce mouillage très-périlleux.
Vner ’ Nous entrâmes dans le Port fur le loir , mais nouseûmes toute la nuit un vent forcé ; la latnar & la Flo-ride ayant fait des fignaux de détreflè , je leur envoyaiaulfi-tôt mes canots : ces deux vaiffeaux avoient chafféfur leurs ancres & eouroient rifque d’être jettes furla côte. On parvint, mais avec beaucoup de difficulté,à les tirer de ce péril , & la même nuit ils chafsèrentune fécondé fois , & furent fauvés par les mêmes fe-c.ours. Le danger auquel la Floride étoit à chaque inf-tant expofée dans cette baie, me mit dans la néceffitéd’abandonner le deffein de la décharger ; & je luienvoyai tous nos charpentiers pour jumeller fon mât& faire toutes les réparations qu’ils jugeroient nécef-laires. Je lui prêtai aulîi ma forge pour lui faire lesdiverfes ferrures dont elle avoit befoin ; & je réfolus ,dès qu’elle feroit en état de tenir la mer, de gagnerquelque Port du détroit de Magellan , où nous pour-rions prendre a bord les provifions dont elle étoit char-gée. Dans cet intervalle, M. Mouat, Capitaine de laTamar , m’informa que fon gouvernail étoit endom-magé , & qu’il craignoit qu’en très-peu de tems il nefût plus poffible de le faire fervir. J’envoyai le char-pentier du Dauphin h bord de la Tamar pour en exa-miner le gouvernail , & il me rapporta qu’il l’avoittrouvé en fi mauvais état, qu’il ne croyoit pas que cevaifTeau pût continuer le voyage fans en avoir un autre.Mais il étoit impoffible de le lui procurer. J’engageaidonc M. Mouat à établir fa forge fur le rivage pourfortifier fon gouvernail avec des cercles de fer j &