6 z Voyage
pour nous, un vent frais du S. E. vint à notre fecours,Ann. 17 6$. pour nous aider à nous élever de la cote. Lorfque nousJanvier. en f^ mes à quelque diftance , le ciel étant chargé
d’épais nuages & la pluie continuant avec la mêmeforce , nous mîmes en travers. Nous nous trouvionsalors par les 51 d de latitude S., & 63 d zz' de longi-tude O.
Le lundi 14, le tems s’éant éclairci & le vent ayantpaffé au S. S. O. , nous gouvernâmes au S. E. 4 E.,& fîmes quatre milles en côtoyant le rivage ; nous dé-couvrîmes une petite Ifle baffe & unie , couverte dehautes touffes d’herbes qui avoient l’apparence de buif-fons ; elle nous reffoit au Sud , diftante de deux outrois lieues ; & la terre la plus feptentrionale à l'Oueft,à la diftance d’environ fix lieues. Nous avions ici 38braffes d’eau, fond de roche ; nous prolongeâmes en-core la côte fix lieues plus loin; alors nous apperçûmesune Ifle baffe, pierreufe dans le S. E. a E. , diftanted’environ cinq milles : je fis mettre en panne , & lafonde nous donna 40 braffes d’eau, fond de fable blanc ;cette Ifle , éloignée d’environ trois lieues de la terreque nous prolongions & qui en cet endroit forme unebaie très - profonde , eft à l’E. a N. E. de l’autreIfle fur laquelle nous avions vu ces longues touffesd’herbes. La mer brifoit à une grande diftance du ri-vage , & nous pafsâmes la nuit à louvoyer. Le lende-main matin 15 , à trois heures , nous fîmes de là voile,& nous gouvernâmes fur la terre pour reconnoître labaie. A fix heures, la pointe orientale de l’Ifle pierreufenous reftoit à l’O. S. O. , éloignée d’environ trois