du Capitaine Byron. 53
bien capables d’infpirer la terreur. Ils fe levèrent touttremblans , allumèrent un grand feu , qu’ils eurent foind’entretenir. Cet expédient empêcha les terribles ani-maux de pénétrer jufqu’à la tente ; mais ils rodèrenttout autour tant que la nuit fut longue , & continuè-rent de rugir d’une manière horrible jufqu’au point dujour qu’ils difparurent à la grande fatisfaébon de nospauvres matelots tranfis de peur.
Dans ce Port, non loin de l’endroit oui q Dauphinétoit h l’ancre, il y a une montagne dont les bois ontété coupés - , & nous crûmes que c’étoit dans ces envi-rons que les Efpagnols avoienc autrefois un établifie-ment (a). Quelqu’un de l’équipage , en paflant furcette montagne , s’apperçut que la terre réfonnoit fousfes pieds , comme fi en cet endroit il y eût eu un fouter-rein : ilrepafla à differentes fois, &_trouvant que l’effetétoit toujours le même ; il foupçonna qu’il pourroit yavoir la quelque chofe d enterré. A fon retour à bord,il m’informa de ce qu’il venoit d’obferver. Je me rendisfur le lieu, avec quelques gens de l’équipage , munisde bêches & de pioches. Je fis ouvrir la terre a uneprofondeur confidérable; mais nous ne trouvâmes rien,& il ne parut pas qu’il y eût jamais eu ni voûte nifouterrein , ni même qu’on y eût encore fouillé laterre. Comme nous retournions à travers les bois ,nous trouvâmes deux crânes d’une prodigieufe grof-feur, qui, à l’infpe&ion des dents , paroiffoient être
Ann. 1764.Décemb.
(a) Voyez la Relation de cet établilïement dans le Voyage duCapitaine Wallis , Chap. III.