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1 (1774)
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37
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Capitaine Byron. 37

rent recevoir avec un extrême plaifir. Je leur montraienluite une pièce de ruban verd, jen fis prendre le bout Ann. 1764.à lun dentreux ; & je la développai dans toute falongueur , en la faifant tenir par chacun de ceux quife trouvoient placés de fuite : tous relièrent tranquil-lement alfis. Aucun de ceux qui tenoient ce rubanne tenta de larracher des mains des autres, quoiquilparût leur faire plus de plaifir encore que les grains deraflade. Tandis quils tenoient ce ruban tendu , je lecoupai par portion à-peu-près égale, de forte quil enrelia à chacun la longueur environ dune verge ; je laleur nouai enfuite autour de la tête , & ils la gardèrent,fans y toucher, aulîi longtems que je fus avec eux.

U n e conduite fi paifible & docile leur fait en cetteoccafion dautant plus dhonneur, que mes préfens nepouvoient sétendre à tous. Cependant, ni limpatiencede partager ces brillantes bagatelles, ni la curiofité deme confidérer de plus près , ne purent les porter àquitter la place que je leur avois alïïgnée.

Il feroit naturel à ceux qui ont lu les Fables deGay , sil fe forment une idée dun Indien prefquenud, qui, paré de colifichets dEurope, revient trou-ver fes compagnons dans les bois , de fe rappeller leSinge qui avoit vu le monde y cependant, avant de-prifer leur penchant pour des morceaux de verre, desgrains de collier , des rubans & dautres bagatelles ,dont nous ne faifons aucun cas, nous devrions confi-dérer que les ornemens des fauvages font au fond lesmêmes que ceux des nations civilifées ; & quaux yeux