Ann. 1164.Décemb.
28 Voyage
l’on peut aujourd’hui fe procurer de l’eau douce aumoyen des puits que nous y avons creufés , ofîriroitaux vaiffeaux qui voudroient y relâcher , un très-bonmouillage , fans la rapidité du courant qu’occafionnele flot. La contrée abonde en guanaques & en oifeauxd’efpèces différentes, & particulièrement en canards &en oies fauvages. 11 s’y trouve auffi d’excellentes mou-les, & en fi grande quantité , qu’on peut toujours , àmer baffe, en charger un bateau. Le bois feulementy eft rare, cependant on trouve dans quelques endroitsde la côte des brouffailles dont on peut fe fervir aubefoin pour faire du feu.
Le 5 , je démarrai dans le deffein de fortir du Port;mais notre fécondé ancre fe trouvant embarraffée, nousperdîmes du tems pour la lever , & avant que nouspuflions virer à pic fur notre ancre d’affourche, le jufantfut dans toute fa force ; car en cet endroit la mer n’eftjamais étale plus de dix minutes de fuite ; nous fûmesdonc obligés d’attendre la baffe mer. Nous levâmesl’ancre vers les cinq ou fix heures du foir , & nousgouvernâmes à PE. N. E., avec un vent frais qui nousvenoit du N. N. O.