11
Voyage
Ann. 1764.Novemb.
rocher pyramidal au S. E. E. En cet endroit nousn’avions, à mer balle , que 6 brades d’eau ; mais dansle flot , l’eau montoit de 4 brades & demie , ou de^7 pieds.-' La marée monte ici avec une rapidité fiprodigieufe , qu’un matelot, très-bon nageur , étanttombé du bord , le courant le porta prefque hors devue , avant qu’on pût aller à Ion fecours , quoiquetous nos canots fu fient dehors : nous eûmes néanmoinsle bonheur de le fauver.
Ce même jour , je me fis reconduire à terre. Jem’avançai à environ fix ou fept milles dans la contrée.Je vis plufieurs lièvres auflï gros que de jeunes che-vreuils ; j’en tirai un qui pefoit plus de vingt-lix livres.Il eft certain que fi j’eufle eu un bon levrier , on auroitpu donner du lièvre aux équipages deux fois la femaine.Nos gens à bord étoient alors occupés à rouer lescables fur le pont, à parer la cale , pour y mettre lelefl: convenable , & à y defcendre les canons, à l’ex-ception de ceux qu’ou crut néceflaires de garder furle pont.
Le lendemain , , je parcourus en canot une grande
partie du Port ; & étant delcendu fur la rive lèpten-trionale , nous trouvâmes un canot à deux rames d’uneforme fingulière , & le canon d’une arme à feu, furlequel étoient gravées les armes d’Angleterre. La rouilleavoit fait fur ce canon de tels progrès , qu’il fe rédui-foit en pouflière entre les doigts : j’imaginai qu il avoitété laifle fur ce rivage par quelqu’un de l’équipage duWagcr , ou peut-être par Sir John Narborough. Nousn’avions encore trouvé aucun genre de végétaux , a
>■ 41 )