la
Voyage
— ' Le fond où nous avions mouillé étoit en effet d’uneAnm. I 7 6 4 . mauva ;f e tenue. En pareille fituation , avec un vent
^Novçuib» • i» j • i «
forcé , on aura toujours lieu de craindre que le vaif-feau ne foit jetté en côte , fi l’on n’a pas eu le tems del’établir fur fes ancres. Tandis que nous étions échoués,les vents fraîchirent ; & la marée montant avec uneextrême rapidité, ce ne fut qu’avec des peines infinies& après quatre heures du plus pénible travail , quenous parvînmes enfin à porter une fécondé ancre pournous relever , & que nous mîmes le vaiffeau à flot.Comme il n’y avoit guère que le talon & une longueurde fix ou fept pieds de fa quille qui eufl'ent touché,'il étoit à préfumer qu’il n’avoit reçu aucun dommage:néanmoins je me déterminai à faire démonter le gou-vernail pour le vifiter.
Le vent ne calma point dans la nuit; le lendemain,2.2, dans la matinée , il parut fe renforcer ; & il nenous avoit pas encore été poflîble de lever l’ancre quenous avions mouillée près de la rive méridionale, dansl’efpoir qu’elle nous foutiendroit. Nous nous trouvionsdans une fituation fort critique ; le vaiffeau , n’étantplus tenu que par fon ancre d’affourche , commençoitde rechef à chafler en côte. La Tamar , qui étoit mouil-lée dans le canal, fè hâta de nous envoyer une fian-fière : aidés de ce fecours, nous levâmes l’ancre d’af-fourche , nous fortîmes du péril qui nous menaçoit, &nous parvînmes à remouiller l’ancre fur un meilleurfond, dans l’attente d’un moment plus favorable pouramarrer convenablement notre vaiffeau.
Le jour fuivant , 23 , j’envoyai fonder le Port à