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GÉNÉRALE. xvij
L’Ynca Garcilasso , dans Ton hiftoire duPérou, rapporte que félon la tradition commune,on vit arriver dans des bateaux de joncs versla pointe Sainte-Helène une troupe de géantsfi hauts que les Naturels du pays ne leur alloientqu’aux genoux ; leurs yeux étoient larges commele fond d’une afîiette , &C les autres membresà proportion ; ils alloient nuds, ou couverts depeaux de bêtes. Ils s’arrêtèrent en ce canton oùils creusèrent dans le roc un puits d’une éton-nante profondeur. Chacun d’eux mangeoit au-tant que cinquante hommes : de forte qu’ayantbientôt épuifé les provifîons que la terre pou-voit leur fournir, ils furent réduits à vivre dela pêche. Ils enlevoient les femmes du pays :mais comme ils les tuoient en voulant s’en fer-vir, ils s’adonnèrent entr’eux à la fodomie quiattira fur eux le feu du ciel , par lequel cettehorrible race fut enfin détruite ; mais le feu neconfuma ni leurs os ni leurs crânes, afin qu’ilsferviffent de monument à la vengeance célefle.En effet, on trouve en cet endroit, à ce qu’onprétend, des os d’une grandeur prodigieufe, ÔCdes pièces de dents qui font conjecturer qu’unedent entière devoit pefer plus d’une demi-livreTome I.
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