du Capitaine Cook. 519
ficient pas ordinairement pour les femmes, & récipro-quement.
Les Otahitiens croient que l’ame eft immortelle,ou au moins qu’elle fubfifte après la mort, & qu’il y apour elle deux états de différents degrés de bonheur. Ilsappellent Tavïrua l’Eray, le féjour le. plus heureux, &ils donnent à l’autre le nom de Tiahoboo ; ils ne lesregardent pourtant pas comme des lieux où ils ferontrécompenfés ou punis , fuivant la conduite qu’ils au-ront tenue fur la terre , mais comme des afyles def-tinés aux différentes claffes d’hommes qui fe trouventparmi eux. Ils imaginent que les chefs & les princi-paux perfonnages de l’Ifle entreront dans le premier,& les Otahitiens d’un rang inférieur dans le fécond ;car ils ne penfent pas que leurs aéfions ici bas puif-fent avoir la moindre influence fur l’état futur , nimême qu’elles foient connues de leurs dieux en au-cune maniéré. Si donc leur religon n’influe pasfur leurs mœurs , elle eft au moins défintéreffée , &les témoignages d’adoration & de refpeét qu’ilsrendent aux dieux par des paroles ou des aéfions,proviennent feulement du fentiment de leur proprefoibleffe & de l’excellence ineffable des perfectionsdivines.
Le cara&ère de Prêtre ou Tahova eft héréditairedans les maifons ; cette claffe d’hommes eft nombreufe,& compofée d’Otahitiens de tous les rangs. Le chefdes Prêtres eft ordinairement le fils cadet d’une fa-mille diftinguée, & ils le refpeélent prefque autant que
<
Ann. 17 Gy.Juillet.