du Capitaine Cook. 515
intervalles pendant cinq lunes, mais ils deviennentmoins fréquents par degrés, à mefure que le terme dece tems approche. Lorfqu’il eft expiré, le refte du ca-davre eft tiré de la biere , ils ratifient & lavent très-proprement les os, & les enterrent enfuite au - dedansou au-dehors d’un Morai, fuivant le rang qu’occupoitle mort ; fi le défunt étoit un Earee ou chef, ils n’en-terrent pas fon crâne avec le refte des os ; ils l’enve-loppent d’une belle étoffe, & le mettent dans une ef-pèce de boîte faite pour cela, qu’ils placent auffi dans leMorai. Ce coffre eft appellé Ewharre no te Orometua , lamaifon d’un doéteur ou maître. Après cela le deuil ceffe,à moins que quelques femmes ne foient toujours réelle-ment affligées de la mort du défunt \ & dans ce cas, ellesfe font quelquefois tout-à-coup des bleffures avec ladent d’un goulu , quelque part qu’elles fe rencontrent.Ce que nous venons de dire explique peut-être pourquoiTérapo dans un accès de chagrin fe bleffa elle-mêmeau Fort. Quelque circonftance accidentelle pouvoit luirappeller alors le fouvenir d’un ami ou d’un parentqu’elle avoit perdu, & ranimer fa tendrefle & fa dou-leur au point de lui faire répandre des larmes & ré-péter le rite funéraire.
Les cérémonies ne finiflent pourtant pas avec ledeuil ; le Prêtre, qui eft bien payé par les parents dudéfunt & les offrandes qui fe font au Morai , récitetoujours des prières. Quelques-unes des offrandes qu’ilsdépofent de tems en tems au Morai font emblémati-ques, un jeune plane repréfente le défunt, & la touffede plumes la divinité qu’ils invoquent. Le Prêtre ac-
T tt ij
itmnmM
Ann. 1769.Juillet.