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Ann. 1769.Juillet.
Religion.
516 Voyage
compagné de quelques-uns des'parents qui portent unepetite offrande, fe place vis-à-vis le Symbole de Dieu ;il répète fes oraifons, d’après une formule établie qui eftcompofée de fentences détachées ; il entrelaffe en même-tems des feuilles de noix de coco en différente forme,il les dépofe enfuite fur la terre , dans l’endroit où lesos ont été enterrés , & s’adreffe à la divinité par uncri très - aigu , dont ils ne fe fervent que dans cetteoccafion. Lorfque le Prêtre fe retire, ils emportent latouffe de plumes, & laiffent les provifions tomber enpourriture ou devenir la pâtuxe des rats.
Il ne nous a pas été poffible d’acquérir une con-noiffance claire & fuivie de la religion des Otahitiens ;nous la trouvâmes , ainfi que celle de la plupart desautres pays, enveloppée de myftères & défigurée pardes contradi&ions apparentes. Leur langage religieuxeft différent , comme à la Chine , du langage ordi-naire; de manière que Tupia qui prit beaucoup depeines pour nous inftruire, n’ayant pas pour exprimerfes penfées des mots que nous entendiflions , nousdonna des leçons affez inutilement. Je rapporterai ce-pendant, avec le plus de clarté que je pourrai, ce quenous en avons appris.
Un Etre raifonnable , quelque ignorant ou ftupidequ’on le fuppofe , apperçoit d’abord que l’univers &fes différentes parties qu’il connoît , font l’ouvragede quelque agent infiniment plus puiffant que lui-même ; mais la produélion de l’univers tiré du néant,que nous exprimons par le mot création , eft ce qu’ily a de plus difficile à concevoir, même pour les hom-