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qu’ils verfent dans ces occasions , & ils les préfententcomme des oblations au défunt. Quelques-uns des plusjeunes perfonnages du deuil fe coupent les cheveux ,& les jettent fous la biere avec les autres offrandes.Cette coutume eft fondée fur ce que les Otahitiens quicroient que l’ame fubfifte après la mort , imaginentd’ailleurs qu’elle erre autour du lieu où l’on a dépoféle corps auquel elle étoit unie; qu’elle obferve les ac-tions des vivants & goûte du plaifir de voir ces té-moignages de leur affe&ion & de leur douleur.
Deux ou trois jours après que les femmes ontcommencé ces cérémonies, les hommes prennent auffile deuil , mais avant ce tems , ils ne paroiffent fentiren aucune manière la perte du défunt. Les plus prochesparents fe revêtent chacun à leur tour de l’habillement& exercent l’office dont nous avons déjà donné unedefcription particulière , en rapportant les funéraillesd’une vieille femme qui mourut pendant notre féjourdans l’Ifle, & auxquelles Tubouraï Tamaïdé, fon pa-rent, faifoit les fondions de principal perfonnage dudeuil ; nous n’avons pourtant pas encore expliqué pour-quoi les Otahitiens s’enfuient à la vue du convoi. Leprincipal perfonnage du deuil porte un grand bâton plat,armé de la dent d’un goulu de mer, & dans un tranf-port frénétique que fa douleur eft fuppofée lui infpi-rer , il court fur tout ce qu’il voit, & s’il lui arrived’attraper un Indien , il le frappe impitoyablementavec fon bâton, ce qui ne peut pas manquer de cauferune bleffure dangereufe.
Ces procédions ou convois continuent à certains