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2 (1774)
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514
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J14 Voyage

769.

quils verfent dans ces occasions , & ils les préfententcomme des oblations au défunt. Quelques-uns des plusjeunes perfonnages du deuil fe coupent les cheveux ,& les jettent fous la biere avec les autres offrandes.Cette coutume eft fondée fur ce que les Otahitiens quicroient que lame fubfifte après la mort , imaginentdailleurs quelle erre autour du lieu lon a dépoféle corps auquel elle étoit unie; quelle obferve les ac-tions des vivants & goûte du plaifir de voir ces té-moignages de leur affe&ion & de leur douleur.

Deux ou trois jours après que les femmes ontcommencé ces cérémonies, les hommes prennent auffile deuil , mais avant ce tems , ils ne paroiffent fentiren aucune manière la perte du défunt. Les plus prochesparents fe revêtent chacun à leur tour de lhabillement& exercent loffice dont nous avons déjà donné unedefcription particulière , en rapportant les funéraillesdune vieille femme qui mourut pendant notre féjourdans lIfle, & auxquelles Tubouraï Tamaïdé, fon pa-rent, faifoit les fondions de principal perfonnage dudeuil ; nous navons pourtant pas encore expliqué pour-quoi les Otahitiens senfuient à la vue du convoi. Leprincipal perfonnage du deuil porte un grand bâton plat,armé de la dent dun goulu de mer, & dans un tranf-port frénétique que fa douleur eft fuppofée lui infpi-rer , il court fur tout ce quil voit, & sil lui arrivedattraper un Indien , il le frappe impitoyablementavec fon bâton, ce qui ne peut pas manquer de cauferune bleffure dangereufe.

Ces procédions ou convois continuent à certains